Discours indirect libre
Technique qui fond la voix du personnage dans celle du narrateur, sans verbe introducteur ni guillemets.
Le discours indirect libre rapporte paroles ou pensées sans verbe introducteur ni subordination : « Elle referma la porte. C'était donc ça, leur grande nouvelle. Qu'ils aillent au diable. » La troisième personne et le temps du récit demeurent, mais le vocabulaire, le rythme et les jugements sont ceux du personnage — deux voix sonnent dans la même phrase.
Perfectionné par Flaubert puis généralisé par tout le roman moderne, c'est l'outil le plus fin pour glisser de l'objectivité du récit à la subjectivité d'une conscience sans rupture visible. Il permet aussi l'ironie : le narrateur peut laisser un personnage s'enferrer dans ses propres mots sans commenter.
Exemple
« Il haussa les épaules. Après tout, qu'avait-il à perdre ? Rien. Strictement rien. »