Euphémisme
Atténuation d'une réalité brutale ou taboue par une expression adoucie : « il nous a quittés » pour « il est mort ».
L'euphémisme remplace un mot brutal, choquant ou tabou par une formulation adoucie : « il nous a quittés », « un plan social », « les personnes âgées ». Contrairement à la litote, qui atténue pour renforcer, l'euphémisme atténue pour ménager — le lecteur, l'interlocuteur, ou les convenances.
Pour l'écrivain, c'est un double outil. Au premier degré, il rend la voix d'un personnage : qui dit « disparu » plutôt que « mort » révèle son rapport au deuil. Au second degré, il devient arme critique : exhiber les euphémismes d'une institution (militaire, managériale, politique) est l'un des gestes fondamentaux de la satire — la « frappe chirurgicale » en dit long sur ce qu'on veut ne pas dire.
Exemple
« Il s'est éteint cette nuit » ; « un rééquilibrage des effectifs ».