Focalisation zéro (omnisciente)
Le narrateur sait tout : pensées de tous les personnages, passé, futur, et ce qui se passe ailleurs.
En focalisation zéro, le narrateur n'est soumis à aucune restriction de savoir : il entre dans toutes les consciences, connaît le passé et l'avenir, voit simultanément Paris et Moscou. C'est le régime du roman du XIXe siècle — Balzac, Tolstoï — où le narrateur surplombe le monde comme un démiurge.
Réputée datée, l'omniscience reste un outil légitime, à condition d'être assumée : ses forces propres (l'ampleur, l'ironie du surplomb, les jugements de narrateur) n'appartiennent qu'à elle. Le vrai défaut n'est pas l'omniscience mais son usage flottant — le « head-hopping », qui saute de tête en tête au fil des paragraphes sans régie claire.
Exemple
« Elle le croyait sincère. Il ne l'était pas — et leur fils, trois rues plus loin, l'apprendrait bientôt. »