Monologue intérieur
Restitution directe du flux de pensée d'un personnage, dans sa syntaxe propre, sans médiation du narrateur.
Le monologue intérieur donne à lire la pensée d'un personnage comme elle se déroule : associations, ruptures, syntaxe flottante, sans guillemets ni « pensa-t-il ». Poussé à l'extrême — ponctuation abolie, logique associative pure — il devient le courant de conscience (stream of consciousness) du dernier chapitre d'Ulysse de Joyce.
Entre la pensée rapportée classique et ce flux radical, toute une gamme existe, dont le discours indirect libre est l'intermédiaire le plus souple. Le monologue intérieur excelle à rendre l'obsession, l'insomnie, la mauvaise foi intime ; son risque est la complaisance — un flux de conscience sans nécessité dramatique devient vite un robinet ouvert.
Exemple
« Trop tard maintenant trop tard il fallait le dire hier pourquoi hier déjà… »