Rime
Retour du même son en fin de vers — pauvre, suffisante ou riche, suivie, croisée ou embrassée.
La rime fait revenir un même son à la fin de deux vers ou plus. La tradition française la classe selon sa richesse — pauvre (une seule sonorité commune : ami/parti), suffisante (deux : amour/toujours), riche (trois et plus : image/hommage) — et selon sa disposition : rimes suivies (AABB), croisées (ABAB), embrassées (ABBA). S'y ajoute l'alternance classique des rimes féminines (terminées par un e muet) et masculines.
Fonctionnellement, la rime est une machine à mémoire et à attente : l'oreille guette le retour du son, et le poète joue de cette attente — la combler, la retarder, la décevoir. Le vers moderne l'a souvent abandonnée ou déplacée (assonances, rimes internes), mais son pouvoir de clôture reste intact : un distique rimé ferme un poème comme un accord parfait ferme un morceau.
Exemple
Rimes embrassées : nuit / sombre / ombre / luit (ABBA).