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Narratologie & récit

Suspension consentie de l'incrédulité

Le pacte par lequel le lecteur accepte l'invraisemblable d'une fiction — tant que l'œuvre respecte ses propres règles.

La « suspension consentie de l'incrédulité » (willing suspension of disbelief), formule du poète Samuel Taylor Coleridge en 1817, désigne le consentement du lecteur à mettre son scepticisme en veilleuse : il sait que les dragons n'existent pas et accepte d'y croire le temps du récit, en échange du plaisir de la fiction.

Ce crédit n'est pas illimité, et sa mécanique est contre-intuitive : le lecteur pardonne les prémisses énormes (la magie, les vaisseaux plus rapides que la lumière) mais pas les incohérences internes. Un dragon ne brise pas le pacte ; un personnage qui agit stupidement pour les besoins de l'intrigue, si. La crédibilité d'une fiction ne se joue pas contre le réel, mais contre ses propres règles.

Exemple

On accepte un monde où les morts reviennent ; on n'accepte pas qu'un héros prudent oublie soudain de fermer sa porte.

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