Aux heures où le ciel se pare d'humide duvet,
Là où montagnards viennent à s'arrêter,
Le monde est soudain obscurci par val et sommets,
Répandant la rumeur d'un mal qu'on entend siffler.
Quel est donc cette créature qui ébranle la terre ?
Ravage les villages, anéantit des civilisations ?
Quel est donc ce monstre fendant pierre comme chair ?
Au sillage comparable à celui d'un démon ?
Lors de son passage, n'attendez aucune réponse,
Car la bête condamne les vivants de son mutisme,
Et aux morts se prend pour faire annonce,
De sa venue dont ne témoigne aucun journalisme.
Je ne pourrais ici vous conter la pénitence
De ceux qui pour la bête préparaient le halo.
Ceux là, dont l'assaut fut réduit au silence,
Ceux là, dont les cris ne firent point écho.
Ne les plaignez guère, leur vie est paradis.
Un eden volant, non une monstruosité.
Leur ange de délivrance les a choisi,
Et délivrés de la ruine de leur cité.