Enjambement
Débordement de la phrase au-delà de la fin du vers, qui se prolonge sur le vers suivant sans pause syntaxique.
Il y a enjambement quand la phrase ne s'arrête pas à la fin du vers et se déverse sur le suivant : la syntaxe enjambe la frontière métrique. La fin de vers reste marquée (par l'œil, par la rime éventuelle), mais le sens force le passage — deux logiques se superposent et créent une tension.
Cette tension est expressive : l'enjambement peut mimer l'élan, le débordement, la chute, ou suspendre un mot au bord du vers pour le charger d'attente. Ses formes courtes portent des noms propres : le rejet (l'élément court rejeté au début du vers suivant) et le contre-rejet (l'élément court qui anticipe en fin de vers). Banal en vers libre, l'enjambement y reste l'outil principal du découpage : choisir où casser la ligne, c'est choisir ce que l'œil isole.
Exemple
« Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne, / Je partirai. »