Focalisation interne
Le récit est filtré par la conscience d'un personnage : on ne sait que ce qu'il sait, on ne voit que ce qu'il voit.
En focalisation interne (typologie de Gérard Genette), le récit adopte le point de vue d'un personnage : le lecteur perçoit la scène à travers ses sens, ses connaissances, ses biais. Le narrateur peut dire « il » ou « je », la restriction est la même — pas d'information à laquelle le personnage focal n'a pas accès.
C'est le régime dominant du roman contemporain, car il fabrique de l'identification : habiter une conscience, c'est épouser sa cause. Sa contrainte fait sa richesse — chaque description devient caractérisation (ce que le personnage remarque dit qui il est), et chaque erreur de perception devient un outil d'intrigue.
Exemple
« Elle scruta la salle : aucun visage connu. » (Le lecteur ne voit que ce qu'elle voit.)