Alexandrin
Le vers de douze syllabes, mètre roi de la poésie classique française, traditionnellement coupé à l'hémistiche.
L'alexandrin est le vers français de douze syllabes — celui de Racine, de Hugo, de Baudelaire. Dans sa forme classique, il se divise en deux hémistiches de six syllabes séparés par la césure, qui impose une respiration centrale : « Je le vis, je rougis, // je pâlis à sa vue ».
Son prestige tient à son ampleur : douze syllabes offrent l'espace d'une pensée complète, d'une période oratoire, d'un balancement binaire naturel. Les romantiques puis les symbolistes l'ont assoupli (trimètre à trois coupes, césures enjambées) avant que le vers libre ne le détrône — sans jamais l'effacer : son retour ponctuel dans un poème libre produit toujours un effet de solennité instantanée. Le compter exige de maîtriser le e muet, la diérèse et la synérèse.
Exemple
« Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue »