Ironie
Décalage voulu entre ce qui est dit et ce qu'il faut comprendre — ou entre ce que sait le lecteur et ce que sait le personnage.
L'ironie verbale dit autre chose que ce qu'elle signifie, généralement le contraire (voir antiphrase), et compte sur le lecteur pour rétablir le vrai sens. Mais le récit connaît une seconde ironie, plus structurelle : l'ironie dramatique, où le lecteur sait ce que le personnage ignore — il regarde quelqu'un avancer vers ce qu'il est seul à voir.
L'ironie dramatique est l'un des moteurs de tension les plus puissants qui soient : elle transforme chaque scène anodine en compte à rebours. L'ironie de situation, enfin, naît du réel lui-même — le pompier pyromane, le naufrage du navire « insubmersible ». Les trois registres se combinent, et leur maîtrise distingue les textes qui font confiance au lecteur de ceux qui expliquent.
Exemple
Le lecteur sait que la lettre n'est jamais partie ; le personnage attend la réponse chaque matin.