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Arthur Rimbaud adolescent, visage rond et imberbe, cheveux en désordre, regard clair tourné de côté, cravate nouée lâchement sous le col : portrait gravé à la manière du XIXᵉ siècle d'après la photographie d'Étienne Carjat de 1871 (illustration).
Illustration générée à la manière d'une gravure du XIXᵉ siècle.
Vies d'écrivains

Arthur Rimbaud

Poète précoce qui a tout écrit en cinq ans environ, puis quitté la littérature vers vingt ans pour le commerce en Afrique.

Naissance
20 octobre 1854
Charleville (Ardennes, France)
Mort
10 novembre 1891
Marseille, à 37 ans
Premier livre
Une saison en enfer
1873, à 18 ans
Succès
Illuminations
1886, à 31 ans
Comparer son âge au succès avec celui de 147 autres écrivains

Un seul livre publié par lui, à 18 ans et à ses frais

Arthur Rimbaud naît à Charleville, dans les Ardennes, le 20 octobre 1854. Son père, officier, quitte le foyer six ans plus tard ; l'enfant grandit sous la surveillance d'une mère austère et collectionne au collège les prix, notamment pour ses vers latins, dont certains sont publiés en 1869. En janvier 1870, à 15 ans, il voit paraître dans La Revue pour tous son premier poème publié en français, Les Étrennes des orphelins. Son nouveau professeur de rhétorique, Georges Izambard, le remarque et lit ses premiers essais.

Son premier livre vient trois ans plus tard. De la fin juillet au début de septembre 1873, dans la ferme familiale de Roche, il écrit une partie d'Une saison en enfer. Il a 18 ans. Le livre est imprimé la même année à Bruxelles, à compte d'auteur. Le Larousse précise que ce sera le seul de ses recueils qu'il fera publier lui-même, et qu'il s'en désintéresse aussitôt.

Des lettres aux poètes, puis un stock resté chez l'imprimeur

La BnF le dit nettement : Rimbaud voulait être un poète publié, et il a frappé aux portes. Le 24 mai 1870, il envoie à Théodore de Banville, figure du Parnasse, une profession de foi et trois poèmes, dont Ophélie, dans l'espoir d'une place dans le Parnasse contemporain. Il écrit qu'il a dix-sept ans ; il en a quinze. En septembre et octobre 1870, à Douai, il confie vingt-deux poèmes à Paul Demeny, qui codirige une maison d'édition, la Librairie artistique. Aucun livre n'en sort. À la fin de l'été 1871, il fait parvenir des poèmes à Paul Verlaine, qui l'invite à Paris.

À Paris, il est admis au dîner des « Vilains Bonshommes », puis exclu pour ses provocations. Selon la BnF, les milieux de l'édition lui restent ensuite fermés à cause de sa réputation scabreuse. Une saison en enfer n'arrange rien : faute d'argent, il ne retire que quelques exemplaires. D'après l'Encyclopædia Universalis, il n'a jamais soldé son compte, et l'imprimeur a gardé la plupart des exemplaires. La rumeur a longtemps voulu que Rimbaud ait brûlé l'édition ; le stock n'a été retrouvé qu'en 1901, dix ans après sa mort.

À 31 ans, les Illuminations paraissent, et il est en Afrique

La reconnaissance passe d'abord par Verlaine. En février 1875, à Stuttgart, Rimbaud lui remet le manuscrit des Illuminations. En octobre 1883, Verlaine lui consacre une étude dans Les Poètes maudits, publiée dans la revue Lutèce entre août 1883 et janvier 1884, puis en volume en 1884, à côté de Tristan Corbière et de Stéphane Mallarmé. Rimbaud y tient la première place. Le Bateau ivre, écrit en 1871, n'est publié qu'en 1883.

De mai à juillet 1886, la revue La Vogue, dirigée par Gustave Kahn, publie à Paris les Illuminations, puis réédite Une saison en enfer. Rimbaud a 31 ans. Il a quitté la littérature depuis longtemps : il fait alors le commerce des armes en Afrique de l'Est. La BnF parle d'une réputation remarquable acquise dès les années 1880, mais venue trop tard pour le poète, une dizaine d'années après Une saison en enfer. Le Larousse résume : il meurt au moment où sa poésie commence à être reconnue.

« Je est un autre. »

Arthur Rimbaud, Lettre à Georges Izambard, 13 mai 1871

Comment il écrivait

Rimbaud a écrit en cinq ans environ, de 1870 à 1875, et la BnF distingue deux temps. De 1870 à l'été 1871, ses vers suivent l'actualité : la guerre contre la Prusse, la chute de l'Empire, le siège de Paris, la Commune, et des charges contre Napoléon III nourries de la caricature de presse. Les 13 et 15 mai 1871, dans les deux lettres dites « du voyant », il fixe son programme : à Izambard, « Je est un autre » ; à Demeny, le poète doit se faire voyant « par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens ».

De la fin 1871 à 1872, la rime cède à l'assonance et au vers libéré, et beaucoup de ces poèmes s'écrivent aux côtés de Verlaine. Rimbaud ne jette rien : certains passent ensuite dans Une saison en enfer, en versions distinctes ou mises en prose, d'autres dans les Illuminations. Il travaille au calme de la ferme de Roche pour la Saison, et à Londres en 1874, avec le poète Germain Nouveau, il met au net et compose sans doute une partie des Illuminations. Dans la Saison, il décrit lui-même ce travail : « J'écrivais des silences, des nuits, je notais l'inexprimable. Je fixais des vertiges. »

L'essentiel de sa vie

En août 1870, Rimbaud fugue une première fois vers Paris ; arrêté sans billet, il est emprisonné à Mazas, puis ramené à Charleville. En février 1871, il assiste à Paris à l'entrée des troupes prussiennes et au début de la Commune. En septembre 1871, il s'installe à Paris auprès de Verlaine. Les deux hommes partent en juillet 1872 pour la Belgique puis Londres. Le 10 juillet 1873, à Bruxelles, Verlaine tire sur lui au revolver et le blesse ; il est condamné à deux ans de prison.

Vers vingt ans, Rimbaud cesse d'écrire. Il passe par Stuttgart, l'Italie, Java, où il déserte l'armée hollandaise en 1876, puis Chypre. Le 7 août 1880, il s'installe à Aden, travaille pour une maison de commerce de peaux et de café, est délégué à Harar, puis se lance en 1885 dans le trafic d'armes et livre des fusils au roi Ménélik. En 1891, une tumeur au genou le ramène à Marseille, où il est amputé de la jambe droite le 25 mai. Il meurt à l'hôpital de la Conception le 10 novembre 1891, à 37 ans. La veille, un recueil de ses poésies, le Reliquaire, a paru, mais un conflit d'éditeurs en empêche la diffusion.

Ce qu'un auteur peut en retenir

  • Envoyez vos textes à ceux qui peuvent les publier. À 15 ans, Rimbaud écrivait à Banville ; la même année, il confiait vingt-deux poèmes à un éditeur ; c'est l'envoi à Verlaine qui l'a fait venir à Paris.
  • Imprimer ne suffit pas. Une saison en enfer, payée par l'auteur mais jamais réglée ni diffusée, est restée chez l'imprimeur jusqu'en 1901 : prévoyez la diffusion avant l'impression.
  • Confiez une copie de votre manuscrit à quelqu'un qui croit en vous. Le manuscrit des Illuminations, remis à Verlaine en 1875, est devenu le livre de 1886.
  • Un vieux poème peut renaître sous une autre forme. Rimbaud a repris des vers de 1872 dans Une saison en enfer, retravaillés ou passés en prose.
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Sources

  1. Bibliothèque nationale de France (Essentiels), Rimbaud en 30 dates (lu le 2 novembre 2026)
  2. Bibliothèque nationale de France (Essentiels), Les Poésies de Rimbaud (lu le 2 novembre 2026)
  3. Bibliothèque nationale de France (catalogue général), Notice de titre conventionnel « Les poètes maudits » (lu le 2 novembre 2026)
  4. Larousse, Arthur Rimbaud (lu le 2 novembre 2026)
  5. Encyclopædia Universalis, Une saison en enfer (fiche de lecture) (lu le 2 novembre 2026)
  6. Ministère de la Culture, POP (musée Arthur Rimbaud, Charleville-Mézières), Portrait photographique d'Arthur Rimbaud à 17 ans, d'après Étienne Carjat (1871) (lu le 2 novembre 2026)