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Edgar Allan Poe, front haut, cheveux bruns en désordre, moustache, regard grave, cravate nouée sous un col sombre : portrait gravé à la manière du XIXᵉ siècle d'après le daguerréotype « Ultima Thule » de 1848 (illustration).
Illustration générée à la manière d'une gravure du XIXᵉ siècle.
Vies d'écrivains

Edgar Allan Poe

Poète, conteur et critique de revues, il a vécu de sa plume en touchant quelques dollars par texte.

Naissance
19 janvier 1809
Boston (Massachusetts, États-Unis)
Mort
7 octobre 1849
Baltimore, à 40 ans
Premier livre
Tamerlan et autres poèmes
1827, à 18 ans
Succès
Manuscrit trouvé dans une bouteille
1833, à 24 ans
Comparer son âge au succès avec celui de 147 autres écrivains

Un premier recueil à 18 ans, signé « un Bostonien »

Edgar Poe naît à Boston le 19 janvier 1809, fils de deux comédiens de troupe. Sa mère meurt à Richmond le 8 décembre 1811 ; l'enfant est recueilli par John et Frances Allan, un couple de Richmond qui ne l'adoptera jamais légalement. Son plus ancien poème conservé, deux vers écrits vers 1824, n'a jamais été publié de son vivant.

En mars 1827, brouillé avec John Allan à propos de 2 000 dollars de dettes de jeu contractées à l'université de Virginie, il quitte la maison. La même année paraît à Boston, chez Calvin F. S. Thomas, Tamerlane and Other Poems. L'auteur n'y est désigné que comme « un Bostonien ». Il a 18 ans. Le mince volume se vend à une cinquantaine d'exemplaires peut-être, dont beaucoup sont sans doute donnés pour obtenir des critiques. Il en reste aujourd'hui douze connus.

Trois recueils de poèmes, puis des contes payés au morceau

Engagé dans l'armée sous le nom d'Edgar A. Perry, puis renvoyé de West Point en 1831, il publie deux autres recueils, en 1829 et en 1831. La Société Edgar Allan Poe de Baltimore résume ces débuts : peu d'argent, et un succès critique mince. La poésie reste son premier amour, mais il comprend qu'il lui faut autre chose pour vivre de l'écriture, et il se met aux contes.

En juillet 1831, il envoie plusieurs récits au concours du Philadelphia Saturday Courier. Il ne gagne pas ; cinq de ses contes paraissent, sans son nom. En 1833, il a écrit onze récits qu'il voudrait publier ensemble sous le titre Tales of the Folio Club. Toute sa vie, ses textes lui rapporteront peu : 24 dollars pour La Chute de la maison Usher, 10 pour Le Cœur révélateur. Les deux revues qu'il rêvait de fonder, The Penn puis The Stylus, ne paraîtront jamais faute de capitaux.

À 24 ans, un prix de 50 dollars qui ouvre la porte

Le Baltimore Saturday Visiter, qui a déjà publié quatre de ses poèmes au printemps 1833, organise un concours. Le 7 octobre 1833, trois juges, dont l'écrivain John Pendleton Kennedy, se réunissent chez l'un d'eux et donnent le prix de prose, 50 dollars, à Manuscrit trouvé dans une bouteille. Poe a 24 ans. Son poème Le Colisée finit deuxième.

Le prix lui vaut surtout l'amitié de Kennedy, qui le recommande à Thomas W. White, propriétaire du Southern Literary Messenger à Richmond. Poe en devient le rédacteur en 1835. Dix ans plus tard, le 29 janvier 1845, Le Corbeau paraît dans l'Evening Mirror de New York et fait sensation ; le poème est repris partout. Il ne lui rapporte qu'une quinzaine de dollars, selon la tradition familiale, mais d'après le Poe Museum de Richmond, son nom devient alors familier du grand public, et les conférences et les lectures publiques suivent.

« Le poème, peut-on dire, a donc son commencement par la fin, là où toute œuvre d'art devrait commencer. »

Edgar Allan Poe, The Philosophy of Composition, Graham's Magazine, avril 1846

Comment il écrivait

Poe a gagné sa vie dans les revues, comme rédacteur et comme critique. Au Southern Literary Messenger, il écrit un grand nombre de comptes rendus, francs au point de lui valoir éloges et inimitiés, et il y publie ses propres poèmes et contes. Au Graham's Magazine, où paraît en avril 1841 Double assassinat dans la rue Morgue, premier récit policier moderne, le nombre d'abonnés passe d'environ 5 000 à près de 37 000 pendant son passage. À l'Evening Mirror, son patron N. P. Willis se souvient d'un employé à son bureau de neuf heures du matin jusqu'au bouclage du journal du soir, toujours ponctuel et travailleur.

En avril 1846, il publie dans le Graham's The Philosophy of Composition, où il prétend démonter la fabrication du Corbeau. On y part d'un effet à produire, non d'une intrigue. On fixe la longueur à ce qui se lit d'une traite, une centaine de vers (le poème en a 108). Puis on écrit d'abord la dernière strophe, celle à laquelle « Nevermore » répond. La Société Poe de Baltimore rappelle que ce récit est en grande partie une fiction, de l'aveu même de Poe ; le poème a plus probablement été écrit à la fin de 1844, dans une ferme de New York.

L'essentiel de sa vie

Élevé à Richmond, avec cinq années passées en Angleterre entre 1815 et 1820, Poe vit ensuite à Baltimore chez sa tante Maria Clemm. Le 16 mai 1836, à 27 ans, il épouse sa cousine Virginia, qui en a 13. La famille s'installe à New York, puis à Philadelphie en 1838, et revient à New York en 1844. Virginia meurt de la tuberculose le 30 janvier 1847, dans le cottage de Fordham.

Le 3 octobre 1849, on le trouve à Baltimore dans un état que les témoins décrivent différemment. Il meurt le 7 octobre 1849 à l'hôpital, à 40 ans ; la cause de sa mort reste inconnue. La nécrologie hostile de Rufus Griswold, publiée deux jours plus tard, façonne longtemps sa légende. En France, on le lit surtout dans les traductions de Baudelaire, réunies sous le titre Histoires extraordinaires.

Ce qu'un auteur peut en retenir

  • Un premier livre vendu à cinquante exemplaires n'est pas une fin : Poe en a publié deux autres, puis il s'est mis aux contes.
  • Les concours valent pour les rencontres qu'ils provoquent. Le prix de 1833 lui a surtout apporté Kennedy, et par lui un poste de rédacteur.
  • Avant d'écrire, décidez de l'effet et de la fin. Poe disait commencer par la dernière strophe, même s'il enjolivait sa méthode.
  • La notoriété ne paie pas le texte : Le Corbeau lui a rapporté une quinzaine de dollars. Il a vécu de son travail d'éditeur et de critique, pas de ses chefs-d'œuvre.
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Sources

  1. Edgar Allan Poe Society of Baltimore, Chronology of the Life of Edgar Allan Poe (lu le 2 novembre 2026)
  2. Edgar Allan Poe Society of Baltimore, Edgar Allan Poe in Baltimore (lu le 2 novembre 2026)
  3. Edgar Allan Poe Society of Baltimore, Poe's Finances (lu le 2 novembre 2026)
  4. Edgar Allan Poe Society of Baltimore, Edgar Allan Poe's Problematic Biography (lu le 2 novembre 2026)
  5. Edgar Allan Poe Society of Baltimore, The Philosophy of Composition (Graham's Magazine, April 1846) (lu le 2 novembre 2026)
  6. Edgar Allan Poe Society of Baltimore, The "Ultima Thule" Daguerreotype (lu le 2 novembre 2026)
  7. The Poe Museum (Richmond), Edgar Allan Poe (lu le 2 novembre 2026)
  8. Project Gutenberg, Histoires extraordinaires, by Edgar Allan Poe (translated by Charles Baudelaire) (lu le 2 novembre 2026)