Attestez l'origine humaine de votre texte
Un détecteur d'IA lit un texte fini et devine, souvent à tort. Extypis enregistre l'origine de chaque signe pendant que vous écrivez et vous remet un certificat signé, qu'un éditeur ou un jury vérifie en scannant son QR code.
Elle referma le carnet et attendit que la pluie cesse. Au loin, les cloches de Saint-Malo sonnaient midi. Elle pensa à son frère, parti depuis trois hivers, et à la lettre qu'il n'avait jamais envoyée. Le port sentait le sel et le goudron.
Origine du texte
Pourquoi aucun détecteur ne peut juger un texte fini
Un détecteur d'IA reçoit un texte terminé et calcule à quel point il ressemble à ce que produirait un modèle. Il n'a rien d'autre à lire, parce qu'un texte ne garde aucune trace de la façon dont il a été écrit, si bien que le détecteur ne peut que l'estimer.
Les chiffres publiés le montrent. En 2023, une équipe de Stanford a soumis à sept détecteurs des rédactions écrites par des élèves dont l'anglais n'est pas la langue maternelle : en moyenne, 61 % d'entre elles ont été classées comme écrites par une IA, et 89 rédactions sur 91 l'ont été par au moins un détecteur. La même année, OpenAI a retiré son propre détecteur, qui ne reconnaissait que 26 % des textes écrits par une IA et accusait à tort 9 % des textes écrits par des humains.
L'erreur joue aussi dans l'autre sens : un texte généré puis reformulé par un autre outil devient bien plus difficile à repérer, et un texte recopié à la main ne porte plus aucune trace de son origine. Un outil qui juge le résultat accuse donc des auteurs honnêtes pendant qu'il laisse passer ceux qui prennent un peu de peine.
Ce qu'Extypis enregistre pendant que vous écrivez
Puisque le texte fini ne dit rien de son histoire, Extypis enregistre cette histoire pendant qu'elle se fait. Dans chacun de vos projets, l'éditeur note l'origine de chaque insertion au moment où elle a lieu, et le serveur horodate le travail à mesure qu'il arrive.
Vous gardez tous vos gestes. Vous pouvez coller une citation, importer un ancien chapitre ou accepter une suggestion de l'IA d'Extypis : chaque passage garde l'origine qu'il a eue, et le certificat en fait le compte. Un outil qui bloquerait le collage pousserait à le contourner, alors qu'un relevé fidèle ne laisse rien à contourner.
Le certificat énonce des faits et ne porte aucun jugement sur l'auteur. Il dit combien de signes ont été tapés dans Extypis, combien viennent d'ailleurs et d'où, combien de temps le serveur a vu passer, et il dit aussi ce qu'il ne peut pas savoir.
Cet enregistrement est silencieux et ne change rien à l'écran. Le texte que vous n'avez pas tapé ne se surligne que si vous le demandez, dans le menu de la flèche : si vous écrivez sciemment avec l'IA, vous ne voyez aucune différence.
Écrire avec une IA en contournant nos jalons est bien plus contraignant qu'écrire soi-même. Le texte généré doit être retapé à la main, à un rythme de vraie frappe, pendant des heures que le serveur compte une à une.
Ce qu'Extypis enregistre pendant que vous écrivez
Chaque signe inséré dans le texte reçoit une origine. Un texte arrivé sans origine connue est compté comme inexpliqué, et c'est donc au texte de montrer d'où il vient.
- Tapé dans Extypis
- les caractères entrés au clavier dans l'éditeur, avec les corrections et les remplacements que vous faites vous-même.
- Tapé à un rythme régulier
- les caractères tapés pendant une session dont le rythme est trop mécanique pour être celui d'une main : intervalles presque constants, aucune rature, aucun retour en arrière sur une longue durée. Ils sont comptés à part, et le temps de cette session sort du temps attesté.
- Collé
- le texte collé ou glissé dans l'éditeur depuis ChatGPT, une page web, un autre endroit d'Extypis ou une source sans mise en forme reconnaissable, avec l'application d'origine quand elle se reconnaît.
- Retapé d'un collage
- un passage tapé au clavier qui reproduit au moins sept mots d'un texte collé plus tôt dans la même scène, même si ce texte avait été effacé entre-temps.
- Brouillon extérieur
- un passage collé depuis un traitement de texte (Word, Google Docs, LibreOffice, Pages ou Notes), que vous aviez écrit ailleurs avant de le rapatrier. Il est compté à part des collages, avec son application.
- Écrit par l'IA d'Extypis
- le texte d'une suggestion ou d'une réécriture que vous avez acceptée. L'IA reste disponible, et ce qu'elle écrit est marqué comme tel.
- Importé
- le contenu d'un fichier importé, d'un modèle ou d'un extrait inséré par une commande.
- Déplacé depuis une autre scène
- un passage coupé dans une scène et recollé dans une autre. À l'intérieur d'une même scène, un passage déplacé garde l'origine qu'il avait.
- Antérieur au suivi
- le texte déjà présent quand le suivi a commencé. Pour un fichier .docx importé, l'éditeur affiche aussi ce que le fichier déclare lui-même, comme le temps d'édition et le nombre de révisions.
- Inexpliqué
- le texte apparu sans passer par aucun de ces chemins, par exemple une modification faite en dehors de l'éditeur. Il est compté à part et signalé.
Si vous l'affichez, une encre de couleur souligne dans l'éditeur tout ce que vous n'avez pas tapé, et son survol indique d'où vient le passage.
Comment le serveur atteste votre temps d'écriture
Toutes les dix secondes, l'éditeur envoie au serveur le lot des modifications faites depuis le précédent. Le serveur note l'heure à laquelle il le reçoit, avec sa propre horloge, et l'enchaîne au lot d'avant par une empreinte : un lot ne peut plus être retiré, inséré ou déplacé après coup sans casser la chaîne.
Un lot ne peut pas couvrir plus de temps que le serveur n'en a vu passer depuis le précédent. Taper un chapitre hors connexion puis l'envoyer d'un coup ne fabrique donc pas des heures d'écriture, et le certificat sépare le temps attesté par le serveur du temps écrit hors connexion, que seul votre appareil a horodaté.
Les sessions se déduisent de ces heures de réception : une pause de plus de vingt minutes ouvre une nouvelle session.
Le serveur lit aussi le rythme de chaque session : les intervalles entre les frappes, les ratures, les pauses après une phrase, les retours en arrière. Une session dont le rythme est trop régulier pour une main sort du temps attesté, et ses signes apparaissent comme « tapés à un rythme régulier », sans autre commentaire. Les critères exacts ne sont pas publiés, parce qu'un critère publié serait contourné.
Le rejeu : le serveur refait le calcul sans croire le navigateur
Le certificat se calcule sur le serveur, à partir de ce qu'il a reçu. Chaque nuit, et chaque fois que vous demandez un certificat, le serveur rejoue tout le journal d'une scène depuis sa première frappe, recalcule l'origine de chaque caractère et vérifie que chaque lot redonne bien le texte qu'il annonçait. Un navigateur modifié pour se déclarer innocent n'y gagne rien, puisque ses propres marques sont ignorées.
Le serveur compare ensuite le résultat au texte enregistré de la scène. Les mots que le journal ne sait pas expliquer sont comptés et apparaissent dans le certificat sous « Écarts relevés », avec les lots incohérents et les frappes qui n'ont pas pu être rejouées.
Ce que contient le certificat
Depuis le menu de la flèche, à côté du bouton de l'IA en haut de l'éditeur, vous téléchargez le certificat du livre entier ou des chapitres de votre choix. C'est un PDF de quelques pages :
- La synthèse
- le titre, l'auteur, l'identifiant du certificat, l'empreinte du texte, le QR code de vérification, le temps d'écriture attesté, les sessions, les jours d'écriture, les signes du texte final, les frappes et les signes supprimés.
- L'origine du texte final
- chaque catégorie avec son nombre de signes et sa part, y compris celles qui sont à zéro, et les applications d'où viennent les collages.
- Le temps et le calendrier
- le temps attesté et le temps hors connexion, la session médiane et la plus longue, les signes tapés par jour, par heure et par jour de la semaine.
- Le rythme
- la vitesse de frappe, l'intervalle médian entre deux frappes et la part du temps passée en pauses de réflexion. Ce sont des chiffres descriptifs, sans note ni seuil.
- La réécriture
- le nombre de signes supprimés pour chaque signe du texte final, et la longueur du texte jour après jour, où les coupes se voient.
- Le détail
- un tableau par chapitre, la liste des passages venus d'ailleurs avec leur taille et leur chapitre, et les écarts relevés.
Le certificat ne contient jamais le texte, ni un extrait, ni le contenu des passages collés, si bien qu'il se transmet sans rien dévoiler du manuscrit.
Les chiffres sont calculés une seule fois, au moment de l'émission, puis signés. Le PDF ne fait que les mettre en page, et le document signé lui est joint sous le nom certificate.json.
Comment un éditeur ou un jury peut-il vérifier le certificat ?
Un PDF se modifie facilement, alors le certificat renvoie au serveur. Son QR code ouvre une page de vérification par un lien secret : cette page n'est pas indexée par les moteurs de recherche et ne s'ouvre qu'avec ce lien.
La page affiche ce que le serveur a enregistré, et un chiffre retouché dans le PDF se voit à la première comparaison. Elle permet aussi de coller le manuscrit reçu, ou de déposer son fichier .txt ou .docx : l'empreinte est calculée dans le navigateur de l'éditeur, le texte ne quitte pas sa machine, et la page répond si c'est exactement le texte certifié.
La signature se vérifie sans faire confiance à la page. Extypis signe chaque certificat avec une clé Ed25519 dont la partie publique est publiée, et un bouton de la page refait la vérification dans le navigateur.
Si vous regrettez d'avoir envoyé un lien, vous le régénérez depuis l'éditeur et l'ancien cesse aussitôt de fonctionner. Un certificat couvre une version exacte du texte, et une virgule changée donne une autre empreinte : vous en émettez donc un nouveau pour chaque envoi. Tant que ni le texte ni les chiffres n'ont bougé, Extypis vous rend le même.
Ce que le certificat ne peut pas savoir
Chaque certificat rappelle ce qu'il atteste et ce qu'il ignore, parce qu'un relevé qui prétendrait tout savoir cesserait d'être fiable :
- Les idées
- un texte recopié à la main depuis un autre écran compte comme tapé. Le certificat atteste la frappe, et il ne dit pas d'où viennent les idées.
- Ce qui précède un collage
- un passage écrit par une IA, collé dans Word puis dans Extypis, apparaît comme un brouillon extérieur venu de Word.
- Le temps hors connexion
- il est compté à part, parce que seul votre appareil l'a horodaté.
- Les versions suivantes
- le certificat décrit une version précise. Un manuscrit modifié après coup ne correspond plus à son empreinte.
- Les scènes pas encore suivies
- une scène qui n'a pas été modifiée depuis le début du suivi n'a pas encore de journal : son texte est compté à part.
Montrer le certificat à vos lecteurs
Si vous publiez sur Extypis, vous pouvez afficher le certificat sous le titre de chaque chapitre. La mention « Tapé dans Extypis » apparaît quand au moins 95 % du texte a été tapé dans l'éditeur ; en dessous de ce seuil, la ligne indique la part tapée et le temps d'écriture attesté, et un clic ouvre les chiffres.
Vous pouvez aussi ouvrir le rejeu : depuis la même ligne, le lecteur regarde le chapitre s'écrire en accéléré, ratures et texte supprimé compris, jusqu'à la version publiée. Extypis vous prévient avant de l'ouvrir, et vous pouvez le refermer à tout moment : il disparaît aussitôt pour les lecteurs.
Questions fréquentes
Le certificat prouve-t-il qu'un texte a été écrit par un humain ?
Il atteste la façon dont le texte est entré dans Extypis (tapé, collé, écrit par l'IA d'Extypis ou importé) et le temps que le serveur a vu passer. Une personne peut recopier à la main un texte venu d'ailleurs, et le certificat le dit en toutes lettres. Il donne des faits vérifiables, que chaque lecteur interprète.
Puis-je coller du texte ?
Oui. Le collage reste possible, et le passage est marqué avec son application d'origine. Une citation collée apparaît dans le certificat comme ce qu'elle est.
Faut-il couper l'IA d'Extypis pour obtenir un certificat ?
Non. Elle reste disponible, et tout ce qu'elle écrit est marqué et compté. Pour ne plus rien voir de l'IA, le mode sans IA la retire de toute l'interface.
Qui voit mes chiffres ?
Vous, dans l'éditeur. Les personnes à qui vous donnez le lien ou le QR code d'un certificat voient ce certificat, et vos lecteurs voient la ligne sous le titre d'un chapitre publié si vous l'avez choisi. Le texte n'apparaît dans aucun certificat.
Que devient un certificat si je supprime l'œuvre ou mon compte ?
Les liens déjà envoyés affichent que le certificat a été retiré, avec son identifiant et sa date. Le titre, le nom et les chiffres disparaissent.
Commencer à écrire
Créez un projet et écrivez comme d'habitude. Le certificat se télécharge depuis le menu de la flèche, à côté du bouton de l'IA en haut de l'éditeur.