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Harper Lee vers 1961, cheveux bruns courts et ondulés, sourcils marqués, léger sourire, gilet sombre sur un chemisier avec un foulard noué au cou : portrait gravé à la manière du XIXᵉ siècle d'après des photographies du début des années 1960 (illustration).
Illustration générée à la manière d'une gravure du XIXᵉ siècle.
Vies d'écrivains

Harper Lee

Romancière d'un seul livre publié de son vivant, qu'elle a récrit pendant environ deux ans avant d'obtenir le prix Pulitzer.

Naissance
28 avril 1926
Monroeville (Alabama, États-Unis)
Mort
19 février 2016
Monroeville (Alabama), à 89 ans
Premier livre
Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur
1960, à 34 ans
Succès
Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur
Premier livre
Comparer son âge au succès avec celui de 147 autres écrivains

Un premier roman à 34 ans, après des années de petits emplois

Nelle Harper Lee naît le 28 avril 1926 à Monroeville, en Alabama, dernière des quatre enfants d'Amasa Coleman Lee, avocat qui publie aussi le journal de la ville, et de Frances Finch. Son prénom est celui de sa grand-mère écrit à l'envers. Son voisin d'enfance s'appelle Truman Capote : quand le père de Nelle leur donne une vieille machine à écrire Underwood, les deux enfants se mettent à inventer des histoires. Au lycée, une professeure d'anglais, Gladys Watson Burkett, lui fait lire des textes exigeants et lui apprend la rigueur de l'écriture.

À l'université d'Alabama, elle entre en droit, qu'elle déteste, et trouve refuge au journal du campus ; elle devient rédactrice en chef du Rammer Jammer, un trimestriel d'humour. En 1949, elle quitte l'université sans diplôme et part pour New York. Elle travaille un temps dans une librairie, puis comme employée aux réservations d'une compagnie aérienne. Elle écrit le soir. Son unique roman publié de son vivant, Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur, paraît chez J. B. Lippincott le 11 juillet 1960. Elle a 34 ans. Sur la couverture, elle choisit « Harper Lee », pour qu'on ne la prenne pas pour une « Nellie ».

Une année offerte, puis des versions écrites et déchirées

Le travail à la compagnie aérienne lui laisse peu de temps, même pour rentrer en Alabama à Noël. Le jour de Noël 1956, chez des amis new-yorkais, Michael et Joy Brown, elle trouve dans le sapin une enveloppe à son nom. Elle contient de quoi quitter son emploi et écrire à plein temps pendant un an. Lee racontera ce Noël dans un texte publié par le magazine McCall's en décembre 1961.

Tout s'enchaîne alors : elle trouve un agent, Maurice Crain, termine un manuscrit, et en juin 1957 la maison J. B. Lippincott l'accepte. Le roman n'est pas prêt pour autant. Selon le programme Big Read du National Endowment for the Arts, le texte ressemble encore à une suite d'histoires plus qu'au roman qu'elle voulait écrire. L'agent et l'éditrice, Tay Hohoff, lui recommandent de le reprendre, et commence une période qu'elle décrira au New York Times comme le fait de récrire le roman encore et encore. La mort de sa mère puis celle de son frère interrompent ce travail. Dans un texte de 1967, Tay Hohoff se souvient d'une autrice qui vivait de presque rien, dans un réel inconfort, et qui écrivait puis déchirait ses pages des mois durant sans jamais se plaindre. Le manuscrit est achevé en 1959.

À 34 ans, un premier roman qui reçoit le prix Pulitzer

Avant même sa sortie, le 11 juillet 1960, quatre clubs de livres nationaux par correspondance ont choisi le roman pour leurs lecteurs, ce que le National Endowment for the Arts décrit comme sans précédent. La critique est très favorable, le livre grimpe vite dans la liste des meilleures ventes et y reste plus d'un an et demi. En 1961, il reçoit le prix Pulitzer de la fiction.

L'adaptation au cinéma sort le jour de Noël 1962, avec Gregory Peck dans le rôle d'Atticus Finch, et remporte trois Oscars. Lee avait décliné l'offre d'en écrire le scénario, en expliquant qu'elle voulait travailler à une nouvelle fiction. Le roman s'est vendu depuis à plus de trente millions d'exemplaires en quarante langues, et un demi-siècle après sa sortie il s'en vendait encore près d'un million par an.

Comment elle écrivait

Pendant ses années de guichet, Lee écrit la nuit, après une journée de travail qui demande peu d'énergie intellectuelle. Le roman part de ce qu'elle connaît : Maycomb est calquée sur Monroeville, sa ville natale. Avant de devenir avocat d'actes, A. C. Lee avait défendu sans succès deux hommes noirs, un père et son fils, accusés du meurtre d'un commerçant blanc, et tous deux avaient été pendus. Longtemps, le livre en cours s'appelle Atticus, du nom d'un ami de Cicéron réputé pour sa sagesse.

Le vrai travail est la réécriture. Une première version, Va et poste une sentinelle, montrait Scout adulte revenant à Maycomb. Tay Hohoff lui demande de raconter l'histoire du point de vue de l'enfant, et Lee récrit le livre autour des enfants. Cette version abandonnée a été publiée, sans révision, le 14 juillet 2015, l'année précédant sa mort. Lee disait vouloir être la chroniqueuse de la vie des petites villes du Sud, en train de disparaître, comme Jane Austen l'avait été de son monde à elle.

L'essentiel de sa vie

Après des études au Huntingdon College de Montgomery (1944-1945) puis à l'université d'Alabama, Lee vit à New York à partir de 1949. En 1959, elle accompagne Truman Capote au Kansas pour l'aider à enquêter sur le meurtre de la famille Clutter ; De sang-froid, publié en 1966, lui est dédié. Au début des années 1960, elle publie quelques essais, puis presque plus rien : elle dira que le premier livre avait déjà assez pris de sa vie et de celle de sa famille. En 1966, elle a cessé de parler à la presse.

Elle reçoit la médaille présidentielle de la Liberté en 2007 et la National Medal of Arts, remise en 2011. Après un accident vasculaire cérébral en 2007, elle s'installe dans une résidence médicalisée de Monroeville. Elle y meurt le 19 février 2016, à 89 ans, et repose au cimetière Hillcrest. Le vieux tribunal de Monroeville, classé monument historique national en 2021, abrite aujourd'hui le Monroe County Heritage Museum, qui consacre une exposition à Harper Lee et une autre à Truman Capote.

Ce qu'un auteur peut en retenir

  • Un travail de jour qui fatigue peu laisse l'esprit libre pour le soir : Lee a écrit des années après sa journée au guichet.
  • Si l'on vous offre du temps, ou si vous pouvez vous en offrir, fixez-lui une durée. L'année donnée par ses amis a suffi pour trouver un agent, finir un manuscrit et signer avec un éditeur.
  • Un contrat n'est pas la fin du travail. Après l'acceptation de juin 1957, il a encore fallu environ deux ans de réécriture pour que le livre devienne un roman.
  • Quand une histoire ne tient pas, essayez un autre point de vue. Raconter par les yeux de l'enfant plutôt que de l'adulte a transformé une suite d'épisodes en livre.
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Sources

  1. Encyclopedia of Alabama, Harper Lee (Nancy G. Anderson, Auburn University at Montgomery) (lu le 2 novembre 2026)
  2. National Endowment for the Arts (NEA Big Read), Reader Resources: To Kill a Mockingbird by Harper Lee (lu le 2 novembre 2026)
  3. PBS, American Masters, Harper Lee: Hey, Boo (press biography) (lu le 2 novembre 2026)
  4. WNYC (New York Public Radio), Harper Lee And The Gift That Saved 'To Kill A Mockingbird' (lu le 2 novembre 2026)
  5. Publishers Weekly, Harper Lee to Publish Sophomore Novel (lu le 2 novembre 2026)
  6. Monroe County Heritage Museum (Monroeville), Monroe County Museum (lu le 2 novembre 2026)