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Voltaire jeune, perruque poudrée et sourire en coin, en habit à jabot de dentelle : portrait gravé à la manière du XVIIIᵉ siècle (illustration).
Illustration générée à la manière d'une gravure du XIXᵉ siècle.
Vies d'écrivains

Voltaire

Dramaturge, poète, conteur et épistolier, il a écrit en prison, en exil et sous la censure, sans jamais cesser de publier.

Naissance
21 novembre 1694
Paris
Mort
30 mai 1778
Paris, à 83 ans
Premier livre
Œdipe
1718, à 23 ans
Succès
Œdipe
Premier livre
Comparer son âge au succès avec celui de 147 autres écrivains

Une première pièce commencée à la Bastille

François-Marie Arouet naît à Paris le 21 novembre 1694, fils d'un notaire au Châtelet ; il contestera lui-même cette date. De 1704 à 1711, il étudie chez les jésuites du collège Louis-le-Grand, où l'on apprend le latin, la rhétorique et l'art de faire des vers. Élève de rhétorique, il y fait imprimer une ode à sainte Geneviève, imitée de son professeur le père Le Jay, qu'il reniera plus tard. Il fréquente ensuite les salons et les milieux du théâtre, et commence par la poésie légère : épîtres, épigrammes, madrigaux.

En 1717, des vers contre le Régent, qu'il dit ne pas avoir écrits, le conduisent à la Bastille pour près de onze mois. Il y travaille à sa tragédie Œdipe et y ébauche La Ligue, première version de La Henriade. Œdipe est créé le 18 novembre 1718. Il a 23 ans, et il signe désormais du nom qu'il s'est inventé : Voltaire.

Prison, exil et livres brûlés

En 1726, une querelle avec le chevalier de Rohan le renvoie à la Bastille pour quatre mois, puis en Angleterre jusqu'en 1728. Il y apprend l'anglais, lit Locke et Newton, et en tire les Lettres philosophiques. L'édition anglaise paraît à Londres en 1733 ; l'édition française de 1734 fait scandale, le parlement la condamne et la fait brûler, et Voltaire doit quitter Paris.

Les refus continuent. Ses premières candidatures à l'Académie française échouent : le parti religieux lui préfère Marivaux et l'abbé de Luynes, et il n'est élu qu'en 1746. Mahomet, créé à Lille en 1741, est interdit à Paris après trois représentations. Candide, en 1759, est interdit dans plusieurs pays. À sa mort, l'archevêque de Paris lui refuse la sépulture : ses proches l'inhument discrètement en Champagne, et il n'entre au Panthéon qu'en 1791.

Le succès à 23 ans, avec Œdipe

Œdipe, joué par la Comédie-Française à partir du 18 novembre 1718, est son premier grand succès. À sa création, on salue en lui « le premier des poètes français ». C'est la même année qu'il prend le nom de Voltaire : le succès et la signature arrivent ensemble.

La suite se construit au théâtre. Zaïre, en 1732, le rend célèbre dans toute l'Europe, et il écrira une cinquantaine de pièces jusqu'à Irène, sa dernière tragédie, jouée en 1778. Les contes viennent tard : il s'y met après cinquante ans, pour distraire des hôtes illustres, et les tient pour un délassement à côté de ses œuvres nobles. Ce sont pourtant Zadig (1748) et Candide (1759) que l'on lit encore ; rien que pour 1759, on compte dix-sept éditions de Candide.

« Queste coglionerie se vendent mieux qu'un bon ouvrage. »

Voltaire, Voltaire, à propos de ses contes

Comment il écrivait

À Cirey, chez Émilie du Châtelet, où il vit de 1734 à 1749, il écrit sur tous les fronts à la fois : sciences, poésie, théâtre, fiction. Plus tard, il travaille avec un secrétaire. Jean-Louis Wagnière, entré à son service en 1754, devient son secrétaire préféré, son bibliothécaire et son intendant jusqu'en 1778 ; il écrit sous sa dictée, et Voltaire peut l'appeler de jour comme de nuit.

Candide montre la méthode. Voltaire le commence à Lausanne en décembre 1757, le plan déjà arrêté. À l'été 1758, il fait mettre au net par Wagnière les chapitres écrits, qu'il lit à son hôte, l'électeur palatin. Il achève le conte en octobre aux Délices, près de Genève. Le manuscrit conservé à la BnF est une copie de Wagnière corrigée de la main de Voltaire, qui retouche encore le texte avant de le livrer à ses imprimeurs genevois, les frères Cramer. Le livre paraît sous un faux nom, en même temps dans plusieurs villes, pour dérouter la police. Et il écrit des lettres sans arrêt : on en a retrouvé plus de 24 000.

L'essentiel de sa vie

Après la mort d'Émilie du Châtelet en 1749, Voltaire part pour la Prusse, à la cour de Frédéric II, avec qui il correspondait depuis 1736. Il y reste de 1750 à 1753, jusqu'à la brouille. En 1755, il achète les Délices, près de Genève, puis s'établit à Ferney, juste du côté français de la frontière, où il vit jusqu'en 1778. Il y rebâtit le château, fait sortir de terre maisons, théâtre et église, et installe des ateliers de poterie, de soie et d'horlogerie.

C'est aussi de Ferney qu'il mène ses combats contre l'intolérance : l'affaire Calas à partir de 1762, le Traité sur la tolérance en 1763, le Dictionnaire philosophique en 1764. En février 1778, il revient à Paris, qu'il n'avait pas revu depuis près de trente ans, y est fêté à l'Académie et à la Comédie-Française, et meurt le 30 mai.

Ce qu'un auteur peut en retenir

  • Le temps contraint peut servir : enfermé à la Bastille, il travaille à Œdipe, qui lui apporte son premier succès un an plus tard.
  • Écrire et corriger sont deux temps distincts : Candide passe par une copie au propre, puis par des corrections à la main, puis par une dernière retouche avant l'imprimeur.
  • Ce qu'on écrit pour se distraire peut durer plus que le reste : les contes que Voltaire tenait pour un délassement sont aujourd'hui ses livres les plus lus.
  • L'indépendance se prépare : Voltaire investit pour ne dépendre de personne, et c'est ce qui lui permet d'écrire ce qu'il veut, même interdit.
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Sources

  1. Bibliothèque interuniversitaire de la Sorbonne (Biblissima), Imitation de l'ode du R. Père Le Jay. Sur sainte Geneviève (notice U 4= 60, pièce 160) (lu le 2 novembre 2026)
  2. Académie française, François-Marie Arouet, dit Voltaire (fauteuil 33) (lu le 2 novembre 2026)
  3. Bibliothèque nationale de France (Essentiels), François-Marie Arouet, dit Voltaire (lu le 2 novembre 2026)
  4. Bibliothèque nationale de France (Essentiels), Voltaire poète (lu le 2 novembre 2026)
  5. Bibliothèque nationale de France, Candide, l'édition enrichie : repères (lu le 2 novembre 2026)
  6. Voltaire Foundation (University of Oxford), About Voltaire (lu le 2 novembre 2026)
  7. Château de Ferney-Voltaire (Centre des monuments nationaux), Voltaire, les dates clés (lu le 2 novembre 2026)
  8. Château de Ferney-Voltaire (Centre des monuments nationaux), Sa vie, son œuvre (lu le 2 novembre 2026)
  9. Encyclopædia Universalis, Voltaire (repères chronologiques) (lu le 2 novembre 2026)
  10. Dictionnaire historique de la Suisse, Wagnière, Jean-Louis (lu le 2 novembre 2026)
  11. USC Digital Voltaire (University of Southern California), “V” is for Voltaire, sort of: Jean-Louis Wagnière and the Art of Letter Writing (lu le 2 novembre 2026)